|
PIMAY (le Nouvel An Lao)
Par Th. Sananikone
Le Pimay, ou célébration de l’an nouveau, est sûrement
la plus populaire des fête lao. Elle se déroule en trois jours
vers la mi-avril et plus précisément entre le sixième
jour de la lune décroissante et le cinquième jour de la lune
croissante. C’est la fête du printemps, où les jours s’allongent
et la nature renaît.
- Le « Sangkhan Pay » c’est la veille de l’an nouveau et
le début des festivités. Dès le matin, on fête
les enfants, on leur offre des friandises, leurs matériels scolaires,
des jouets etc…. L’activité de la journée est joyeuse et
fébrile, on nettoie tout, les maisons sont passées à
grandes eaux, les bouddha sont descendus pour en faire leur toilette, y
compris dans les pagodes. Comme dans toutes les civilisations, cette eau
est le symbole de la purification. L’eau purifie, mais aussi chasse les
mauvais esprits, les mauvaises pensées… Vous l’avez compris, c’est
la grande fête de l’eau. On fait repentance, également envers
la nature, les oiseaux capturés ou achetés au marché
sont libérés, on les tient pour des messagers qui emportent
les fautes commises.
Le soir, après les offices à la pagode, s’effectue une
triple procession autour du monument, suivie de la fête nocturne.
- Le « Mu Nao » c’est le jour du passage de l’année
à l’autre, où tout travail est interdit. Tout au plus, les
nettoyages peuvent-ils se poursuivre un peu. Mais si vous ne saviez pas
qu’est la fête de l’eau, vous l’apprendrez ce jour-là : ne
vous étonnez dans la rue d’être aspergés de tous côtés,
tout le monde se lance des bols d’eau en riant. Les rues sont envahies,
il fait mouillé partout et ça rie de tous côtés.
Le soir tout se calme, les cérémonies reprennent à
la pagode et l’on asperge les statues.
- Le « Sangkhan Khun » l’an nouveau est né, c’est
le jour les plus importants. Ce jour est celui des souhaits réciproques
et des rites du renouveau et de la fécondité. Aux autorités,
aux parents, les vœux seront empreints de respect et profonde révérence.
On offre des fleurs, des cierges et de l’encens. Le BACI, enfin, cérémonie
incontournable propre aux lao, où un officiant laïc récite
ses meilleures recommandations à la foule en rond autours d’une
large coupe fleurie d’où partent de longs fils blancs que tiennent
par un bout les assistants en signe d’unité et de solidarité.
Ils se nouent une cordelette au poignet comme pour perturber les vœux qu’ils
s’échangent. Les anciens, ceux qui ne sont plus, seront honorés
lors d’un BACI familial et d’un « kharava Somma », un banquet
commun offert en leur honneur, où ils sont en quelque sorte conviés.
La famille procède alors au « Bangsakoun », prière
du suaire pour les défunts. |