LA CEREMONIE TRADITIONNELLE BU BACI

par Thongphouth SANANIKONE



 
 
 
 

<~~ Retour  Allez chercher dans la nuit des temps, l’origine du Baci. C’est typiquement laotien. On le retrouve partout où habite ce peuple lointain venu de Chine et descendu le long du fleuve du Mékong. Même en Chine, où subsiste encore des minorités lao, le Baci est bien vivant. 
     Imaginez une grande coupe d’argent couverte d’une vaste composition florale, où l’on ajoute de fruits, des friandises, des œufs, du riz, de l’alcool… où l’on plante une multitude de tiges de bois sur lesquelles on a noué des bouts de coton, et au dessus de longues et fines bougies. Le tout est posé sur des tapis de paille vivement colorés. Imaginez une foule multicolore assise en rond  autour de cette coupe, et un officiant qui récitera en langue lao des vœux de circonstance, vous aurez l’image colorée de la cérémonie du Baci. 
     Ne croyez pas qu’il s’agit d’un rite religieux, bien qu’il ait un officiant ! Cette cérémonie est laïque et s’organise en famille ou dans la communauté à chaque événement particulier : mariage, naissance, décès, lors d’un grand départ, ou d’un retour qu’on veut fêter, à l’occasion d’un anniversaire, ou de la réception d’une personne qu’on veut honorer, lors du nouvel an bouddhique. 
     Lorsque les bougies sont allumées, l’officiant invite les divinités tutélaires, l’âme des ancêtres, à participer à la cérémonie et au repas. Les participants assis sur les tapis se partagent alors les bouts de cotons, les nouent au poignet de leurs voisins en formulant leurs bons vœux et en leur offrant un des présents déposé dans la coupe. Ce bracelet de coton qu’on ne détachera qu’après plusieurs jours est le symbole de la pérennité des vœux. Bien sûr, tout le monde ne peut pas présenter ses souhaits à tout le monde, les participants s’associent donc aux vœux des autres en se touchant le coude de proche dans une longue chaîne de solidarité. 
     Une dernière chose : le mot « Baci » est normalement réservé aux cérémonies exceptionnelles, on devrait plutôt dire ici le « Sou Khouan », qui signifie en laotien le « rappel des âmes », mais il est vrai que « Baci » est employé de plus en plus pour désigner le « Sou Khouan ». Mais que signifie ce « rappel des âmes » ? On y voir une réminiscence d’animisme où, selon les croyances ancestrales, trente deux parties du corps seraient chargées d’une âme, vagabonde, qu’il s’agit de rappeler pour retrouver l’équilibre, voire la santé. 
     Vous pouvez vous aussi participer, joignez-vous au groupe sur le tapis de paille et bons vœux ! 

Bons vœux de Nouvel An Bouddhique, Bonne Année  2551 !